dimanche 16 décembre 2012

Lancement de la fusée nord-coréenne




La Corée du Nord a lancé mercredi 12 décembre une fusée dans l'espace, pour la première fois apparemment avec succès, faisant fi des mises en garde de Washington et de ses alliés, qui ont dénoncé un tir de missile balistique justifiant une réunion en urgence du Conseil de sécurité de l'ONU. Les Nord-Coréens avaient procédé à des tirs en 2006, en 2009 et au mois d'avril 2012. Le Taepodong-2 a une portée comprise entre 6 000 et 9 000 kilomètres. Il a été testé en juillet 2006, en avril 2009 et en avril 2012, après un premier missile de portée moindre, le Taepodong-1, testé en 1998. Les experts estiment que la Corée du Nord est cependant loin de posséder une puissance balistique fiable et que la mise au point d'une capacité nucléaire délivrable par missile intercontinental prendra encore beaucoup de temps.
Mais c'est la première fois que le tir est réussi et que, comme le revendiquent les Nord-Coréens, ils ont apparemment réussi à placer un objet en orbite. C'est cette différence qui apparaît comme une surprise et une nouveauté.


La Corée du Sud et le Japon ont été les premiers à annoncer le tir de la fusée, mercredi 12 decembre, à 9 h 51, heure locale (0 h 51, heure de Paris), depuis le centre de Sohae dans le nord-ouest du pays. Selon leurs observations, le premier et le deuxième étages du lanceur Unha-3 – un missile Taepodong-2 selon eux – sont tombés en mer à l'ouest et au sud-ouest de la péninsule Coréenne, le troisième à 300 kilomètres à l'est des Philippines.

Pourquoi ce tir ?
Le nouvel essai de lancement de satellite ou de missile nord-coréen répond à plusieurs objectifs. Le plus important est sans doute d'affirmer le pouvoir du nouveau dirigeant Kim Jong-un un an après la mort de son père, Kim Jong-il. Son pouvoir est encore fragile, il suscite beaucoup d'interrogations et, symboliquement, le tir réussi du satellite est un très important facteur de légitimité pour lui. On peut rapprocher ce tir de la serie de purges de militaires de haut rang et du limogeage du chef d'état-major des armées.


Quelles sanctions ?
Sur le plan des sanctions internationales, il est possible que des sanctions soient adoptées, mais celles-ci seront très limitées, du fait du role de la Chine et de la Russie qui tient a soutenir son voisin sur ce dossier, en souvenir du soutien chinois sur le dossier syrien. Pékin a fait des déclarations à la suite du tir, comme à son habitude, très ambiguës. D'un côté, la Chine déclare regretter cet essai, mais d'un autre côté, Pékin rappelle que Pyongyang a le droit de procéder à un usage pacifique de l'espace. Par ailleurs, la Chine appelle toutes les parties à faire preuve de calme, ce qui signifie qu'elle met sur le même plan la Corée du Nord, le Japon ou les Etats-Unis. Même si "la Corée du Nord doit payer pour ses actions", la Chine "ne doit pas coopérer avec les Etats-Unis, le Japon et la Corée du Sud pour imposer à la Corée du Nord" de telles sanctions". Ainsi, le gouvernement chinois "opposera son veto à des résolutions radicales des trois pays". Le ton est donné !

Quid des relations Nord-Sud ? 
Pour le moment, les choix effectués par la Corée du Nord ne plaident pas en faveur d'un scénario de rapprochement avec le Sud. Certains considèrent qu'il faut commencer par le dialogue sans précondition pour regagner la confiance de la Corée du Nord. En réalité, cette stratégie du dialogue a été suivie pendant de longues années au travers notamment du dialogue à six sur la Corée du Nord, mais cela n'a abouti qu'à donner à Pyongyang plus de temps et de liberté pour développer ses capacités balistiques et nucléaires.
Les futures élections japonaises (aujourd'hui 16 décembre) et sud-coréennes (mercredi 19 décembre) vont également etre importantes.

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